Burida : La répartition des droits sur la table de réflexion

by lookatshows / Mar 06, 2019 / 0 comments

Reçue en audience par le ministre de la Culture et de la Francophonie, une délégation d’artistes conduite par le lead vocal de Magic system a échangé sur la question au cœur des préoccupations du bureau ivoirien du droit d’auteur.

« Les artistes sont réunis aujourd’hui pour prendre en compte la réalité des répartitions de leurs droits d’auteur. Ce qui n’a rien à voir avec les querelles internes du Burida. Nous sommes venus pour réfléchir à une meilleure organisation. Qu’il y ait querelle ou pas, à un moment donné, il faudrait que les artistes réfléchissent aux réformes pour conduire leurs droits d’auteur ». C’est en ces termes que s’est exprimé A’Salfo, après la conférence de presse tenue le 27 février dans les locaux du ministère de la Culture et de la Francophonie. Accompagnés de plusieurs  System y était pour attirer l’attention sur la nécessité de conduire autrement la question de la répartition des droits d’auteur qui constitue, depuis plusieurs années, une préoccupation majeure du bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida).

« Ne nous inscrivez pas dans des querelles qui, pour nous, n’existent pas. Nous essayons plutôt de trouver une solution à cette préoccupation. Ce n’est pas une question de Burida, c’est une question de droit d’auteur », avait tenu à clarifier A’Salfo. Tout en saluant cette initiative du lead de Magic system qui prend ainsi le taureau par les cornes, le ministre Maurice Bandaman, a donné quelques informations sur les difficultés techniques de ce milieu très fluctuant.

« Je veux remercier mon frère A’Salfo qui conduit cette forte délégation d’artistes, de producteurs, de managers, pour nous faire des suggestions. C’est quelqu’un qui travaille à la paix et à la réconciliation. Et depuis que nous sommes là, nous travaillons de façon à faire évoluer les droits d’auteur. Mais c’est un secteur qui évolue très vite, avec le numérique qui fait que très souvent, les consommateurs sont en avance sur les sociétés. La copie privée est une institution qui date de plus de vingt ans. Mais c’est seulement maintenant que certains pays le mettent en œuvre ».

En rappelant les grandes lignes du fonctionnement interne du Burida, Maurice Bandaman a fait des révélations sur les probables changements à la tête la structure : « Les réflexions qui vont commencer à partir de ce comité scientifique vont venir nourrir les propositions et nous aider à adapter la loi sur le droit d’auteur qui évolue très vite. La Côte d’Ivoire travaille à ce que le Burida soit entre les mains des artistes. Et malgré les crises, l’État de Côte d’Ivoire n’a jamais remis en cause le fait que le Burida gère aujourd’hui les droits d’auteur. Mais le Burida pourra demain se multiplier parce que le décret qui a été pris permet qu’à partir de 2020, il soit créé d’autres sociétés de gestion des droits d’auteur ».

Maurice Bandaman s’est voulu encore plus explicite : « Cela veut dire qu’il pourrait avoir, demain, une société de producteurs. Aujourd’hui, il y a une seule structure qui gère tout cela. Mais la loi de la Côte d’Ivoire permet que demain d’autres sociétés naissent. Et il faut préparer l’arrivée de ces sociétés. C’est ce qui justifie la présence de ces artistes ici ». Selon lui, les artistes doivent comprendre que le travail effectué se poursuit dans le sens du décret voté par le parlement ivoirien.

« Je donne donc mon accord pour que les propositions soient faites. Ce sera donc à eux, les artistes, de faire des propositions innovantes pour nous amener à aller plus loin, puisque c’est à leur initiative que cette rencontre a lieu. J’attends leurs propositions puisque les mandats des membres du Conseil d’administration et de l’assemblée générale prennent fin dans quelques mois. Il est bon que ces propositions soient faites afin que les nouveaux organes qui seront mis en place puissent les mettre en œuvre afin que nous puissions aller de l’avant », a tranché Maurice Bandaman.

 

BRIGITTE GUIRATHE